Le 20.4.2019, la veille de Pâques, le CAM (Collectif des associations pro-migrantes Biel-Bienne et région) a organisé une rencontre-débat pour traiter de la contribution de la religion dans l’intégration et le vivre ensemble. Près de 50 participants de tous âges ont pris place dans la salle de l’info quartier de Mâche.

Du comité d’organisation du CAM, Félicienne Villoz et Mamadou Diop ont salué les participants avant de céder la place à la voix et au djembé de Koffi Owoussi puis au panel interreligieux.

 

Luc N. Ramoni, pasteur de la paroisse réformée de Bienne, qui se sent lui-même migrant puisqu’il est né à Madagascar et y a passé des années, a exposé la vision de son église en deux points : mettre en œuvre les paroles de Jésus résumées dans les deux commandements d’aimer Dieu et d’aimer son prochain comme soi-même et offrir différentes actions pour contribuer à l’intégration ainsi qu’au vivre ensemble ici et dans le monde entier. Il a en particulier souligné la bonne collaboration avec les églises de migrants et l’importance pour notre population de s’ouvrir aux migrants et de les comprendre. Son exposé a donné lieu à des réactions de personnes qui aimeraient voir les migrants laisser leurs instruments et coutumes pour se mélanger à la population comme preuve d’intégration.

 

Chantal Chételat Komagata, la modératrice, a mentionné une intégration qui se fait automatiquement sur le long terme dans les deux sens, conformément à son expérience au Japon. Les barrières  entre population autochtone et migrante mettent du temps à tomber à cause de la difficulté d’apprendre une langue, la résistance à l’adoption de traditions jugées néfastes ou encore le désir de partager sa propre culture.

Barbara Böhni a ensuite présenté le point de vue de Brama Kumaris, une université plutôt qu’une religion. L’enseignement spirituel qu’elle prône s’adresse aux âmes des gens, qui ne s’identifient pas avec la couleur, la nationalité ou le sexe de la personne. En tant que Suissesse de Zurich, reconnaissante des conditions matérielles privilégiées de notre pays, elle a mis l’accent sur l’importance de l’enseignement du Raja Yoga qui permet à l’être humain de reprendre contact avec la nature originelle de son âme et de ressentir le contentement et le bonheur, une âme éveillée ne se laissant pas dériver dans les extrémismes. Elle a aussi précisé que l’intégration requiert des valeurs communes, intérieures et extérieures, nécessaires pour bien gérer sa vie.

Plusieurs questions ont eu trait à l’âme et à sa relation avec le corps ainsi qu’à la culpabilité que l’on pourrait ressentir de vivre dans un pays privilégié.

 Finalement c’est un représentant de l’islam, Abdallah Abdouali, qui a exposé sa vision de sa religion de paix et de tolérance et comment le Coran peut apporter la sagesse pour vivre ensemble en harmonie et s’intégrer. Il a reconnu qu’il y a autant d’interprétations de l’islam que de personnes et que les actes extrémistes portent préjudice à sa religion. Pour lui, l’enseignement du respect envers soi-même, la nature et ses parents est essentiel puisque c’est la clé pour comprendre que tous les être humains sont égaux, qu’ils possèdent tous une âme et un corps et qu’il s’agit de s’unir pour ne former qu’un arbre portant de bons fruits. Aux questions sur le port du voile, il a évoqué les différences culturelles du fait que le coran ne précisait pas d’habillement adéquat mais invoquait plutôt une attitude de modestie afin de se protéger.

Après une pause riche en discussions, Armando Okito a annoncé le début de la deuxième partie, désignée comme un échange au lieu d’un débat. Chantal a résumé les présentations des 3 intervenants pour lancer la discussion. Pratiquement tous les participants ont exprimé un point de vue, une question ou une remarque sur le thème. On a évoqué la peur du politique à inclure la spiritualité dans les décisions ainsi que le manque de normes et de valeurs dans notre pays laïque.  On a donc trouvé que l’école devrait assumer le rôle d’enseigner les traditions et surtout les points de vue des différentes religions afin de faciliter la compréhension mutuelle et encourager la réflexion. Grâce aux différents témoignages des participants dans une salle comble, il est devenu clair que ce genre de partage est essentiel pour combler le vide d’une partie de la population endoctrinée par un système de pensée égocentrique et matérialiste.

Les échanges et interventions se sont poursuivis encore durant le repas constitué de délicieux plats d’ici et d’ailleurs préparés avec attention par Clémentine, Sylvie et Yvette.

Chantal Chételat Komagata

Modératrice et SG UPF Suisse

Internationales Jahr der Familie / Année internationale de la Famille

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