Chantal KomagataMesdames et Messieurs,

Toute la journée nous avons reçu des informations d’experts, d’ONG et d’agences sur la RDC. Nous avons mené des discussions constructives et posé des questions essentielles. Avant de clore la journée avec les recommandations, j’ai le privilège d’offrir un point de vue général et global sur la contribution de la société civile.

En effet, en quoi la situation en RDC ressemble-t-elle à celle de tant d’autres pays en guerre ? Le pays est-il encore plus morcelé d’ethnies diverses ? A-t-il encore plus de richesses naturelles qui attisent encore plus la convoitise internationale ? Quelles que soient les réponses apportées à ces questions, on constate que les personnes à la tête des gouvernements, des entreprises, des écoles, des familles sont dépassées par les besoins individuels. L’humanité manque de maturité et un processus de développement doit se poursuivre partout dans le monde.

J’aimerais commencer par deux thèses :

1. Les populations avec des cultures homogènes et des traditions très définies sont en train de faire place à des sociétés multiculturelles où les règles de comportement sont de moins en moins définies.

2. L’individualisme n’a jamais été si accentué et le développement de la personnalité propre à chacun succède à l’identification au groupe.

La conséquence de ces deux thèses peut se formuler ainsi : Pour que l’humanité ne tombe pas dans le chaos total, les êtres humains qui apprennent à se connaître avec leur individualité et caractéristiques uniques doivent le faire pour mieux communiquer avec les autres qui appréhendent la réalité différemment. De plus, puisqu’ils pourront moins s’appuyer sur des règles de conduite acceptées unanimement, ils devront de plus en plus interagir avec leur cœur. Les cultures figées céderont alors le pas à une culture du cœur universelle. Le totalitarisme sera alors définitivement remplacé par des systèmes qui tiendront compte de la globalité et des minorités, l’endoctrinement sera évincé par la capacité de réfléchir à différents points de vue et de faire des choix basés sur la conscience collective. La recrudescence de liberté sera accompagnée par une augmentation de la responsabilité individuelle.

Comment donc passer du monde actuel de guerres et de conflits à tous niveaux à un monde de communauté solidaire, de prospérité partagée et de valeurs universelles que Sun Myung Moon a prônées toute sa vie ?

Il nous faut des principes universels qui ne limitent pas la liberté individuelle mais donnent un fil rouge, un but commun à l’humanité. Quels sont donc ces principes universels? D’où viennent-ils ?

On les retrouve dans les différentes religions et fois du monde et on peut les résumer en 4 points :

  1. Toute l’humanité est issue du même parent, quel que soit le nom qu’on lui donne, a la même valeur unique et partage les mêmes aspirations au bonheur et à la paix.
  2. Ce ne sont pas les éléments matériels nécessaires à la survie de notre corps physique qui produisent seuls le bonheur. Pour expérimenter un bonheur durable, l’être humain aspire à des éléments qui alimentent l’esprit. Il a soif de connaissance progressive de vérité scientifique et spirituelle, et désire faire l’expérience de l’amour vrai.  
  3. L’amour est généré et expérimenté progressivement dans 4 sphères du cœur qui commence par le cœur filial, s’étend dans le cœur fraternel, atteint son apogée dans le cœur conjugal et porte des fruits dans le cœur parental.
  4. Tout être vit grâce à des échanges continus avec autrui et son environnement. Il doit maintenir un but global et peut ainsi poursuivre tout au long de sa vie un processus de maturation qui commence dans la cellule familiale. Cette maturation se poursuit dans la communauté et dans le monde en transcendant progressivement toutes les barrières.

Comment mettre en place ces principes universels ? 

Il faut agir sur deux fronts :

Premièrement UPF préconise l’établissement d’un conseil interreligieux au sein des Nations Unies pour y insérer la spiritualité et la sagesse des grandes religions mondiales et accompagner les dirigeants du monde dans la prise de décisions. 

Deuxième il faut se concentrer sur la famille et la communauté. C’est là que chacun apprend à vivre pour autrui, que chacun a eu l’expérience d’avoir maltraité et d’avoir été maltraité, d’avoir donné et d’avoir reçu le pardon.

Comment la société civile peut-elle donc contribuer à la paix et la réconciliation en RDC ? Voici quelques conditions à respecter :

  1. Elle doit maintenir un point de vue global et universel
  2. Les individus impliqués doivent pratiquer ces principes universels, par exemple en collaborant avec et soutenant d’autres ONG et en travaillant directement sur le terrain main dans la main avec les habitants.
  3. Les femmes qui ont élevé des enfants doivent être impliquées  car elles ont passé par un développement naturel et acquis un degré de maturité considérable.
  4. La jeunesse doit être impliquée pour hériter des acquis et reprendre le flambeau.

A ces conditions, la société civile peut contribuer au vrai processus de paix, contribuer à guérir petit à petit les blessures infligées de part et d’autre. Lorsque la victime aura compris que le bourreau est un autre être qui souffre, il lui sera plus facile de lui pardonner. Lorsque le bourreau aura compris que la souffrance de la victime lui est intolérable, il cessera de s’acharner contre elle. L’histoire humaine ayant été une succession de conflits, ce processus pourra prendre quelque temps. Mais si nous nous y mettons tous, armés de ces valeurs universelles et en incarnant une culture du cœur, le futur de la RDC, de la région des grands lacs, de l’Afrique et du monde sera celui dont nous rêvons tous.  

 

United Nations, Geneva, 26.05.2014 . Session V: The specific contribution of civil society, including faith-based organizations for peace and reconciliation in the DRC

Chantal Chételat Komagata, secrétaire générale UPF, Suisse

Ladies and Gentlemen,

All day we received information from experts, NGO’s and Agencies on the DRC. We have held constructive discussions and asked important questions. Before ending the day with the recommendations, I have the privilege to offer a more general and global perspective on the contribution of civil society.

Indeed, how does the situation in the DRC resemble many other countries at war? Is the country more fragmented ethnically? Does it have even more natural resources that fuel more international envy? Whatever the answers to these questions, we find that the people at the head of governments, businesses, schools and families are overwhelmed by individual needs. Humanity lacks of maturity and the development process must continue worldwide.

I would start with two theses:

1. Populations with homogeneous cultures and traditions are being replaced by multicultural societies where rules of behavior are less fixed.

2. Individualism has never been as stressed on and the development of one’s own personality is taking over identification to one particular group.

The consequence of these two theses can be formulated as follows: In order for humanity not to fall into total chaos, human beings who get to know their own individuality and unique features need to so in order to communicate with others who apprehend reality differently. Moreover, as they will be able to rely less on rules of conduct accepted unanimously they will have to increasingly interact with their hearts. Frozen cultures must give way to a universal culture of heart. Totalitarianism will be permanently replaced by systems that take into account the whole and minorities, indoctrination be ousted by the ability to consider different points of view and make choices based on heart. The resurgence of liberty shall be accompanied by an increase of individual responsibility.

How then can the current world of wars and conflicts at all levels develop into a world of interdependence, mutual prosperity and universally shared values that Sun Myung Moon has advocated all his life?

We need universal principles that do not limit individual freedom but give a red thread, a common goal for humanity. What are these universal principles? Where did they come from?

In short, they are found in the different religions and faiths of the world and can be summarized in four points:

1. All mankind stems from the same parent, whatever you call it, has the same unique value and shares the same aspirations to happiness and peace.

2. Happiness doesn’t result by the sole fulfillment of physical needs. To experience lasting happiness, human beings aspire to elements that fuel the mind, thirsty for progressive scientific knowledge and spiritual truth and eager to experience true love.

3. Love is gradually generated and developed in four areas of the heart that starts with the development of filial heart, goes on to the fraternal heart, reaches its peak in the conjugal heart and bears fruit in the parental heart.

4. Every being lives through continuous interactions with others and the environment. He must maintain an overall goal and can continue throughout his life a maturation process that begins in the family. This maturation continues in the community and in the world gradually transcending all barriers.

How to implement these universal principles?

We need to act on two fronts:

First UPF advocates the establishment of an interreligious council at the United Nations to insert spirituality and wisdom of the great world religions and support world leaders in decision -making.

Second we must act in the family and the community. This is where everyone learns to live for the sake of others, everyone has had the experience of having been and having abused, having been or having forgiven.

How can civil society contribute to peace and reconciliation in the DRC? I quote here a few conditions to be met:

1. It must maintain a comprehensive and universal perspective

2. Individuals involved must practice these universal principles, for example by cooperating with and supporting other NGOs and working directly in the field hand in hand with the local population.

3. The women who have raised children have to be involved because they have gone through a natural development and acquired a considerable degree of maturity.

4. Youth must be involved in order to take over the task.

Under these conditions, civil society can contribute to the real peace process, help heal slowly the wounds on both sides. When the victim understands that the executioner is another being who suffers, it will be easier to forgive him. When the executioner understands that the suffering of the victim is intolerable, he will stop striking him. As human history has been a succession of conflicts, this process may take some time. But if we do it all together, armed with these universal values and incarnating the culture of the heart, the future of the DRC, of the Great Lakes region, of Africa and of the world will be the one we all dream of.

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