La participation des femmes de la diaspora dans les processus de paix et de prise de décision politique en République Démocratique du Congo.

Véronique MbwebweJe me présente en ce jour dans cette enceinte honorable, remplie d'histoires et d'actions de part ses objectifs humanitaires visant entre autres la recherche de la paix mondiale, en vue de vous apporter les préoccupations des femmes de mon pays. Sous ma double casquette : Celle d’Ambassadrice de paix de l’UPF et celle de femme juriste activiste des droits de l'homme particulièrement les droits des femmes et des enfants puisque ce sont les femmes et les filles qui sont les premières, et même oserons – nous l'affirmer, les dernières

victimes de ces hostilités perpétrées par les hommes en armes, même les militaires du gouvernement et sous la barbe des forces onusiennes.

Aujourd’hui j'aimerais dire à ces victimes qu’elles ne sont plus seules, qu'elles peuvent compter sur leurs enfants vivant à l'extérieur du pays pour relayer leurs souffrances quotidiennes, leur lutte pour la survie, leurs revendications afin de se battre pour la poursuite et le jugement de leurs bourreaux.

Le titre de notre intervention prend ses racines dans le livre résultant des efforts de International Alert et de EASSI et portant la signature de Cathérine Odimba, Paul Robain Namogabo et Julienne Baseke Nzambadora portant sur l'Autonomisation de la femme congolaise ainsi que du Rapport sur les violences contre les femmes au Nord et Sud Kivu, en RDC, Rapport alternatif pour le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes dont la 55ème session s'est tenue du 8 – 26 juillet 2013

Nous avons noté par exemple que  les femmes congolaises n’ont que très peu participé aux différentes négociations de paix concernant leur pays. Lors des négociations de Kampala par exemple, seules deux femmes du coté du gouvernement et deux femmes du coté du M23 – en tant qu’observatrices - ont pris part aux négociations de Kampala (Kampala III) sur des délégations de plus de 50 personnes. Il convient de relever qu’aucune femme n’a participé aux négociations Kampala I et Kampala II. Enfin, aucune femme n’a été impliquée non plus dans les négociations qui se sont récemment déroulées à Addis-Abeba en février 2013. L’absence des femmes au niveau politique et dans le cadre des négociations de paix induit une non prise en compte des problématiques qui leur sont propres, contribuant ainsi à les dénier.

Si en raison des difficultés économiques qui accablent la plupart des familles congolaises du fait des mentalités, les filles restées en RDC accèdent moins facilement à l’enseignement et les femmes souffrent plus souvent d’analphabétisme, en effet on estime 20 à 80% des femmes analphabètes dans les zones rurales, ceci n'est pas le cas des filles et femmes de la diaspora qui peuvent aller à l’école et elles sont plus nombreuses à mener leur formation et apprentissage efficacement, et cela à tous les niveaux – primaire, secondaire ou universitaire.

Les filles et femmes de la diaspora échappent ainsi aux violences de toutes sortes surtout sexuelles, aux handicaps des environnements  matériels, institutionnels et surtout culturels qui fondent l’infériorisation et la dépendance relative des femmes en RDC. Nous femmes de la diaspora  pouvons donc lutter pour éviter que nos grand-mères, mères, sœurs, filles et consœurs, demeurent la proie de toutes sortes d’abus, au sein de nos familles, mais aussi dans la société en général surtout puisque la paupérisation globale de la population congolaise durcit les rapports sociaux.

Nous devons œuvrer pour l’autonomisation matérielle de la femme congolaise et contre son exploitation sanctionnée par la pratique sociale et judiciaire.

Nous devrons apprendre à nos filles de la Diaspora entre autres que chez les Bashi, un peuple vivant dans l’est de la République démocratique du Congo, région du pays permettant l’élevage de bovins, que la femme ne peut ni posséder de vache, ni même pratiquer l’élevage, sinon comme auxiliaire du chef de famille. Pour des raisons pratiques, la femme n’est pas en mesure de se défendre les armes à la main puisqu'elle est traditionnellement constructrice et médiatrice

Nous devrions informer nos filles que la femme dans la société traditionnelle congolaise était d’abord considérée dans son rôle de mère, d’éducatrice et de dispensatrice de soins. Elle était la gardienne des valeurs et des traditions en plus de son travail aux champs, elle avait la charge de tout ce qui concerne la bonne marche de la maisonnée.

Il faudrait que nous, femmes congolaises de la diaspora puissions inviter des compatriotes telles que

- Madame Suzanne Monkasa qui nous informera des divers instruments juridiques de la promotion du respect des droits de la femme.

- Madame Sinatu Bolya Césarine qui évoquera pour nos filles les noms des figures emblématiques qui ont jalonné la dynamique de l'émancipation de la femme congolaise.

- Madame Louise Ngandu, qui nous donnera les statistiques de l’entrée de la femme congolaise en politique et en affaires.

- Madame  Rosalie MALU MUSWAMBA qui nous parlera de la femme congolaise dans le temps et l'espace.

Nous devrons également porter leur travaux, leur combat, leur lutte, leur espoir auprès des structures internationales et étatiques.

Ainsi, nous ne ferons plus maison commune, chambres à part, au contraire, nous nous organiserons dès demain pour soutenir, la main dans la main, les femmes qui  sont particulièrement vulnérables, de par les guerres passées et les nombreux déplacements générés, de par le fléau répandu des violences sexuelles, mais aussi de par l’organisation de la société qui ne leur accorde qu’une place restreinte.

Nous nous engagerons également à travailler avec les ONG nationales et locales des territoires en guerre qui font un travail extraordinaire sur le terrain et ainsi que des intellectuelles oeuvrant dans, l'Association des femmes juristes, l’Association pour la défense des droits des femmes, l’Association Africaine de défense de droits de l'Homme et autres associations de la société civile.

Ensemble avec L’association Droits de la Femme et Internet en RDC en sigle DFNET, l'Association Africaine de défense des droits de l'homme, la voix de sans voix dont je salue ici la mémoire de son défunt Président, M. Floribert Chebeya, nous pourrions.

  1. promouvoir et défendre les droits de la femme  et ses droits  à la communication ;
  2. Soutenir et faire en sorte que les recommandations émanant du rapport présenté à la 55 eme session du CEDF déjà cité se concrétisent par nos actions des lobbying ciblées, particulièrement

soutenir l' adoption d'une loi spécifique pour la pénalisation des violences domestiques y compris les viols conjugaux ainsi que l'amendement du code pénal afin d'autoriser les femmes victimes de viols à pouvoir avorter et éviter ainsi des avortements clandestins aux conséquences désastreuses

  1. Garantir et promouvoir l'entière et l’égale participation des femmes dans toutes les négociations et processus de paix et de désarmement comme prévu dans la résolution 1325 du cs de l'ONU.
  2. Soutenir les efforts des associations des droits de l'homme visant la création d'un Tribunal Ad Hoc afin de juger les présumés coupables des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. En effet, nous notons fort heureusement que la récente loi d' Amnistie ne couvre pas les crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont le viol massif des femmes, perpétré en RDC.

Pour réussir ce pari, nous femmes de la Diaspora devrons compter sur

  • notre participation financière et effective dans les projets de développement des femmes sur le terrain.
  • notre implication dans le processus politique en supportant les candidatures des parlementaires femmes.
  • notre engagement pour que les membres de la Diaspora congolaise aient le droit de vote et de représentation au sein de l’Assemblée nationale et le Senat.
  • notre encouragement des candidatures féminines à la tête de la RDC à l'instar du Liberia ou de la Centr'Afrique.
  • notre action pour l’institution d’un comité de suivi des recommandations de ces assises pour qu’elles ne restent pas lettre morte.

Je vous remercie pour votre attention.

VERONIQUE MBWEBWE

Ambassadrice de Paix, Universal Peace Federation.

Directrice du Comité de Gestion (Swiss-Exile).

Militante des droits de l’Homme.

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